Mémoire

Le Président de la République François Hollande a inauguré hier le travail que j’ai conçu avec Incandescence autour de la réhabilitation des fusillés de la première guerre mondiale au musée de l’Armée aux Invalides à Paris.

J’ai notamment imaginé une sorte de stèle mémorielle (numérique à l’affichage dynamique et aléatoire) autour de la question du temps, du flux et du nombre des victimes françaises de 14/18 avec les architectes Frenak & Jullien en charge de l’aménagement des espaces d’exposition. Un croisement (voire un hommage) entre Opalka et On Kawara, deux artistes dont j’affectionne particulièrement le travail.
Cette pièce, en lien avec des supports de médiations culturelles spécifiques produits par Incandescence, est visible dans les espaces contemporains et permanents de la Grande Guerre au musée de l’Armée.

© photo Musée de l’Armée, Marie Bour

Mobilité et création

Invité par Dominique Moulon, j’ai participé hier à la Gaité Lyrique à une journée de réflexion autour de la mobilité et de la création dans le cadre du PREAC image et création.
Il est toujours difficile, bien qu’ayant préparé son intervention, de ne pas être imprécis dans une discussion et de ne pas délivrer toutes les clefs de compréhension de son travail au public présent sur place ou en ligne. Et c’est toujours après coup qu’on se dit :

« Mais j’ai oublié de dire qu’abcreation au départ était aussi issue de la réflexion d’artistes comme « IFP – Information, Fiction, Publicité », « Les Ready Made appartiennent à tout le monde », ou encore la « Collection Yoon-Ja et Paul Devautour », que sans Marcel Broodthaers ou Andy Warhol abcreation n’aurait pas eu cette couleur-là, que le site abcreation dans les années 90 tentait de mettre en place sur le réseau Internet une certaine idée de l’esthétique relationnelle chère à Nicolas Bourriaud, que « All Those Moments », c’était la porte de Tannhauser, que le point bleu dans « Comeback » faisait également référence au joueur dans les jeux vidéos à travers les cartes de positionnement et que je filmais finalement beaucoup avec ma GoPro. »

Et on respire. Ouf. D’un autre côté, comme je n’ai pas eu le temps de montrer mes films, ce n’était pas plus mal que je ne parle pas plus ! Merci donc à Dominique Moulon et à Jacques Péré également pour l’organisation de ce séminaire ainsi qu’à Jérôme Delormas pour l’accueil.

Un perpétuel chantier

Pour l’artiste François Delaunay, le temps des ruines disparait et le chantier urbain est permanent.
À l’image même du Web et de mon travail, dans l’image même du chantier, la ruine est contenue.
abcreation.net est donc en mutation vers l’HTML5 depuis 6 mois, rien n’y est donc plus à jour mais l’édifice ne sombre pas encore.
En parallèle, j’archive mes films sur Vimeo afin d’utiliser leur service d’hébergement.

À propos de Comeback – update

Entendre son nom sur France Inter à 6h50 le matin et manquer de s’étouffer au petit-déjeuner.
À lire et écouter la rubrique culturelle Sans déconnecter de Christine Simeone.
http://www.franceinter.fr/emission-sans-deconnecter-la-spamm-tv-tord-le-cou-a-internet

Article de Chen Zou dans Art world revue chinoise d’art contemporain, numéro de mars 2013.
http://yishushijie.com/magazines/detail-97.aspx

Très joli papier de Dominique Moulon sur Comeback sur Media Art Design Blog
http://www.mediaartdesign.net/blog/?p=173

Texte sur Comeback pour La Vanité du monde
http://spamm.arte.tv/?portfolioentry=o12r

Comeback @ Open your web #3

Voici la retranscription écrite d’une partie de ma conférence au Cent-Quatre à Paris, le 17 juin 2012 pour Open your web #3.
J’étais invité par Systaime (@systaime18) dans le cadre de Futur en Seine #FENS2012.

J’en profite pour vous signaler que Comeback fait maintenant parti du
SPAMM – SUPER ART MODERN MUSEUM
Une version spécifique HTML5 du projet est également accessible sur http://comeback.abcreation.net (Merci à Jérome pour son développement)

Comeback – conférence au Cent-Quatre, 17 juin 2012

Bonjour,
puisque je suis ici pour vous parler d’un projet spécifique, Comeback, un work-in-progress qui utilise Google Maps pour la confection des images et Twitter pour sa diffusion – et mon iPhone – je vais vous exposer le projet en détail.

Tout d’abord, je tenais à me présenter, je m’appelle Aurélien Bambagioni, je suis artiste, vidéaste sous le label abcreation.
Je développe une pensée organisée en systèmes cartographiques et j’ai une production visuelle formatée en série.
En gros, j’ai quelques grands ensembles de diffusion en ligne que j’alimente régulièrement, soit de vidéos, soit d’images ou de photographies.
Chaque espace a sa famille d’objets formellement identifiés.

J’ai toujours pensé et adapté mon travail plastique en fonction des moyens de diffusion. De l’institution – expositions – aux réseaux et ses phénomènes de mode – support – en passant par l’écriture et des formes variées d’édition.
abcreation.net qui existe depuis 1996 a longtemps a été un site de collection d’œuvres jusqu’à la première bulle internet, avant de devenir un site de diffusion et un portail vers un atelier-blog depuis quelques années maintenant.
Ma page Facebook ouverte en 2007, est un lieu de diffusion exclusive d’un projet de vidéos en ligne. All thoses moments. 30 secondes de moment que je qualifie d’unique.
 Une suite aux Stories qui alimentaient une webtv en l’an 2000 tenue depuis la Villa Kujoyma au Japon où nous étions en résidence ma compagne et moi-même.

Mon travail suit également l’évolution des technologies de captation. La caméra HD et le téléphone ont remplacé mes premières mini-DV. Les vidéos en 1920×1080 ont remplacé les 160×120 pixels des mes premières vidéos en ligne. (Un projet autour d’un cinéma fictif Coming Soon).

Donc Comeback.

« Le point de départ du travail était marqué par la volonté d’immortaliser le fait que j’étais revenu sur l’île du Château d’If, près de 25 ans après y être venu pour la dernière fois.
Enfant, c’est le lieu de mes rêves. Un endroit que j’observais depuis Marseille, où je venais en famille à presque chaque vacances scolaires.
Un lieu fantasmé depuis. Bien aidé par les lectures du Comte de Monte-Cristo et par les souvenirs de cette bâtisse aux pierres blanches.
En 2001, alors en post-diplôme à Marseille justement, j’avais pu le revoir de tout aussi loin.
Et j’avais travaillé autour d’un nom de domaine acheté pour l’année www.chateaudif.com, où je proposais de louer ou d’acheter le château.
En 2009, retour en famille. Mais cette fois je ne suis plus l’enfant. Je suis le père et ma fille me remplace dans ce cycle de vie. Même âge.
Et ce retour sur l’île à éterniser.
Pour moi c’est un travail sur l’identification où le statut de la photo de tourisme, toujours montrée de face, tient une place spécifique. Elle est souvent familiale afin de rapporter un souvenir.
Rarement pensée en tant que photo, cadrée sur des points totalement subjectifs et intime. Souvent annecdotique. Sans réel intérêt pour les autres en tous les cas.
Lors de mes séjours au Japon, je travaillais déjà sur cette façon de filmer le voyage. Dans une vidéo j’ai monté bout à bout tous les panoramiques que j’ai pu faire durant mes centaines d’heures de tournages instantané, dans cette idée de ramener l’environnement dans lequel j’étais, comme si j’étais totalement immergé.
Cette vidéo One day I will meet him toujours visible en ligne rend hommage au Mont Fuji, autre lieu de mes fantasmes d’enfants.
Que ce soit depuis Tokyo ou en passant à son pied en Shinkansen, je n’ai jamais pu le voir.
Jamais. Cette vidéo en est le témoignage. Je panote à des endroits où je suis censé le voir. En vain.
Pour le coup je pense que j’arrêterai Comeback lorsque mon petit point bleu trônera une fois pour toute sur la vue spatiale du Fuji San. »

A day in life

A day in life, une journée avec Jacques Villeneuve

Ce film est le dernier élément à ce jour d’un travail mené autour de Jacques Villeneuve commencé en 2005 avec la publication du livre Une année sabbatique avec Jacques Villeneuve, la F1 en 2004.
Deux nouveaux composants ont pu être réalisé lors de l’épreuve de Clermont-Superbesse du Trophée Andros en janvier dernier. Une entrevue et plusieurs reportages écrits pour le site internet québécois OnRoule.ca et enfin un film de 35 minutes, tourné en HD, A day in life.

Sous-titré « Une journée avec Jacques Villeneuve », ce film s’inscrit dans une forme de narration que je développe depuis un certain temps déjà dans mes projets : capter la réalité d’un instant vécu tout en le transposant in fine dans un espace fictionnel afin d’en produire un récit.
Je voulais que ce film colle au plus près de l’événement. Que l’on puisse suivre de l’intérieure la journée d’un pilote en activité, lors d’une compétition sportive. Montrer enfin ce qui se passe derrière la lumière.
Discrètement.
Faire vivre cet espace-temps.
Mais le vivre avant tout.
Car A day in life c’est aussi un jour de ma vie.
Celui qui me fit passer d’une année sabbatique fantasmée collectivement avec mes amis du tout nouveau jv-lounge.com à un véritable rendez-vous avec Jacques Villeneuve. En tant que supporter, je ne m’en cache évidemment pas, mais aussi et surtout en tant que capteur d’instantanés.

Comme ce murmure final et magique où j’ai cru voir un mirage passé.
Non. C’était un futur bien présent.
La boucle est bouclée.

Shoot your goal

Cela faisait un moment que je voulais participer à http://www.shootyourgoal.com projet participatif de Pierre Schwartz soutenu par Ville Ouverte.

Voilà c’est fait. Prise hier en rentrant du Stade de France, ça ne s’invente pas.
Je sortais d’un match de rugby et j’ai aimé l’ambiguïté de ces buts avec les grandes barres de soutien du grillage derrière qui font autant penser à du rugby qu’à du football.
http://www.shootyourgoal.com/one_goal.php?id=80

Comeback#200

Voilà. Le 200ème Comeback est posté à peu près en même temps que la première bougie du projet est soufflée.

Chose amusante, j’espérais un screenshot plutôt spécial pour marquer le coup. Et bien c’est fait. En gare de Nîmes. Trois minutes pour immortaliser l’instant. Et puis le GPS n’a jamais voulu se locker à l’endroit où je me trouvais alors que, pendant que les datas se chargeaient, j’expliquais à ma fille qu’à Nîmes, il y avait la Maison Carrée et des arènes romaines. Et là surprise… Le petit point n’a jamais voulu bouger malgré les relances. Tant pis, c’est un vrai-faux Comeback mais tellement heureux que ça valait bien la peine de le publier, non ?
Voilà pour l’anecdote.

Après, ce projet est pour moi une vraie écriture liée au déplacement, à la déambulation et au tourisme. Un modèle rhizomatique mais avec un centre. Celui-là même où je me trouve au moment de faire la photo. Un témoignage autre qu’une simple vue frontale de ce que j’ai vu mais bien celle environnementale et totale d’où je me trouvais. Un « je suis passé par-là » numérique.
Sorte d’architecture augmentée de mes passages spécifiques (je fais un Comeback uniquement dans les endroits où je reste, où je passe pour une raison précise) je me plais à penser qu’un jour, ce travail puisse délivrer une vision extra-terrestre de mes allées et venues. Car on revient toujours au même endroit après en être parti. Et un jour on y reste.
Comeback

https://twitter.com/abcreation

All those moments

Cela faisait longtemps que je cherchais à utiliser mon compte Facebook que je n’utilisais pas. Depuis février, à petites doses car tous ces moments sont rares à saisir, j’ai lancé le projet All those moments, des vidéos de 30″ filmées avec l’iPhone et publiées instantanément sur mon mur.

C’est un projet dans la lignée des stories, commencées il y a tout juste 10 ans jour pour jour à Kyoto au Japon, en mai 2000.
All those moments se veut l’aboutissement d’une méthode de tournage et d’une façon de montrer des choses.
Le téléphone et FB s’enchainent plutôt bien pour ça.
Il faudrait juste que j’invite plus d’amis. (Mais ce ne sont pas tous mes amis, voilà mon problème.)

(Pour celles et ceux qui veulent savoir et qui ne savent pas pourquoi)
Et mon moment préféré à ce jour. Commentaires inclus.

 

Collector

Je viens de récupérer mes droits d’exploitation sur mon livre Une année sabbatique avec Jacques Villeneuve.
Il est désormais épuisé et donc tout ceux qui en possèdent un exemplaire peuvent le mettre sous verre.
Après cinq ans, il n’en reste plus que 300 exemplaires.
Dans des caisses, à l’atelier. En bas.

Voici un extrait de la page de présentation du livre sur le site de Stanké, la maison d’édition.

Facebook, Issuu, Twitter, Flickr : my abcreation ?

Girls, boys, arts, pleasure
Girls, boys, arts, pleasure
Paninaro, Paninaro, oh oh oh
Food, cars, travel, food, cars, travel, travel

Pet Shop Boys, Paninaro ’95

Cela fait à peu près un an que j’ai commencé à écrire ce qui suit en caractère gras, notamment pour préciser mon point de vue sur les sites communautaires de partage de données et puis j’ai laissé tombé, occupé par d’autres écritures.
Je voulais surtout dire à l’époque que je ne voyais pas l’intérêt de partager abcreation en dehors de ses sites parents, .net et .org et que j’avais de bonnes raisons (artistiques, politiques et d’amour propre au demeurant) de résister.
Et puis une année est passée avec son lot d’expérimentations professionnelles et pédagogiques pour d’autres projets qu’abc et je crois maintenant qu’un nouveau souffle est (peut-être) possible pour abcreation à travers ces sites. Je dois bien finir par me l’avouer et ne plus chercher à me cacher derrière ma propre histoire du médium internet.

Petit flashback.

En 1996, abcreation s’est aussi fait sur cette idée qu’Internet pouvait aider à rendre quelqu’un célèbre.

Avec les modèles forts de l’époque, le héros de cinéma ou de télévision en tête, j’avais décider d’inventer une fiction globale en mettant en ligne une structure permettant de suivre de façon récurrente l’évolution artistique de mes projets sous forme de bandes annonces de films dans lesquels l’entité abcreation était un tout indissociable (j’étais à la fois acteur, créateur, producteur, etc mais avant tout effacé derrière le label (1)). Tous les mois était alors postée une nouvelle vidéo issue du projet général Coming Soon pour tenter de fidéliser les gens et de leur donner rendez-vous le mois suivant pour créer ainsi une attente et une fidélisation dans le but avoué de devenir une Pop-Art Star.(2)

Dans la tentative d’alors de répondre à une certaine esthétique relationnelle, j’ai pu constater dix ans plus tard que la différence primordiale entre un étudiant français d’une école d’art en france avec celle d’un étudiant américain d’une grande université américaine – l’un éduquer à faire du sens, l’autre de l’argent – était phénoménale.

Dès 1996, avec les moyens techniques et technologiques de l’époque (je sais ça fait ringuard), j’avais pu créer une communauté en ligne à travers un envoie de carte de certification et fidélisation par courriel autour d’une sorte de regroupement de collectionneurs potentiels d’images abcreation téléchargées depuis mon site de l’époque (http://www.art.fr/abcreation de 1996 à 2000).(3)

De l’idée de véhiculer de l’art gratuitement par les réseaux bien avant la licence Creative Commons et bien avant l’explosion économique du marché de l’art…(4)

Mais tout cela trop tôt, sans assez de réseaux ni de réseau, sans technologie avancée, sans mobilité. Et sans amertume aujourd’hui. Après tout, je n’étais pas ingénieur informatique et je ne voulais faire que de l’art. Avec les outils de mon temps. Et bien je vais donc continuer ! Tout en cherchant un équilibre et un sens à l’évolution d’abcreation à travers le réseau.

(1) What is ABC ? 2000, définition manifeste.
(2) I wanna be a Pop-Art Star, 1998, installation, slogan adhésif, PLV.
(3) Collection à 56ko, 1996 / 2000, carte de membre abcreation, e-mailing-art.
(4) Système, 1998, installation, schéma mural, adhésif.

Prétention supplémentaire : mon attirance pour le sport automobile m’a fait ouvrir en 2000 un site sous la forme de chroniques hebdomadaires classées par hiérarchisation temporelle, autour de My Formula 1 World Championship.
Mon championnat à moi où je donnais mon avis sur mon hobby seul dans mon coin !
Quatre années avant la démocratisation des blogs…